27.03.2008

Reznor et ses fantomes

1081575648.jpgDepuis un mois Trent Reznor, l'homme orchestre derrière NIN, le Rémi Bricka américain, a sortit un peu en catimini un nouvel album intitulé "Ghosts".

Encore me direz vous ?

Oui ce brave homme ayant délaissé l'alcool, Marylin Manson et les drogues a décidé de se lancer à corps perdu dans le travail, la muscu (cherchez de vieilles images de lui il y a 10 ans et voyez son cou de taureau actuel ça fait peur) et les tournées marathon (la dernière a du durer genre 2 ans et demi).

En 2007 il nous a gratifié de son "Year zero" déroutant et plutôt saoulant au final, puis des remixes (son dada depuis longtemps) fin 2007, tout en produisant l'album de Saul Williams "Niggy Stardust" en tournant aussi un peu entre 2 sèances d'haltères.

Bref un vrai forçat.

Ah j'oubliais l'album de son pote Saul (avec lequel il massacre "Sunday Bloody Sunday") est sortit uniquement en version digitale, éventuellement payante, comme Radiohead sauf que là personne n'en a parlé parce que c'est pas un génie comme Thom York, et donc Trent s'est aussi lancé (il lui restait encore du temps de libre) dans une croisade anti majors.

La suite logique de cette poussée d'urticaire est donc la sortie de "Ghosts" en téléchargements, sous licence Creative Commons, gratuits pour 9 des 36 titres, payants à hauteur de 10 dollars (soit rien en euros) pour la totalité et en vrai CD Collector de la mort pour plus cher (mais c'est déjà épuisé depuis longtemps) avec pleins de trucs certainement géniaux (des bouts d'haltères ou des autocollants 'NIN c'est classe")

Ca c'est le contexte. Maintenant la musique. Trent nous dit que c'est un truc trop fou qu'il a fait sur ces 36 titres et que personne ne l'aurait sortit de toutes les façons (ça tombe bien personne ne le sort puisque qu'il n'a plus de maison de disques le Reznouille).

Les 36 titres sont tous instrumentaux, lorgnant vers l'ambient parfois, parfois plus rythmés. Ce n'est pas désagréable du tout mais on a quand même l'impression de se voir livrer des titres pas vraiment finis, des amorces et on aimerait bien entendre la suite des morceaux pour pouvoir pleinement juger.

Comment va ensuite évoluer a position de Reznor, pour le moment plus radicale que celle de Radiohead, et si cela aura aussi un impact sur sa musique.

 

NIN - Ghosts (écoute, commande, location de salles ou d'orchestre pour mariages, sacrifices humains etc ...)

 

 

Edit du lendemain : la question de l'évolution de la musique, de sa production même dans les années à venir se pose effectivement pour d'autres artistes tels que les Smashing Pumpkins qui font le constat (lucide) que les jeunes générations n'achètent plus d'albums mais des titres. Les Citrouilles évoquent alors l'idée de sortir par la suite des "ensembles de chansons" (un EP donc). Via Numerama

Face à ce qui semble être un changement d'époque, à l'émergence de ces nouveaux modéles, la grande question va être de savoir comment d'autres groupes ou artistes plus populaires vont à leur tour réagir. Car c'est bien à partir de leur réaction que les choses vont basculer.

29.02.2008

Playlist février 2008

Toujours la même idée proposer en fin de mois les titres que j'ai le plus écoutés, récents ou plus anciens, durant le mois passé.

Assez facilement le "Break or die" de Ez3kiel, sur leur dernier album en date, s'est imposé dans mon salon et vu sa stature personne n'a bougé. Qualifions ce titre d'hypnotique, violent, à contre temps, défoulant et j'aurais bien délimité les lieux.

La suite logique du titre de Calvin Harris du mois dernier est le "I told her on Alderaan" de Neon Neon, dont l'album (Stainless steel) devrait sortir dans les semaines qui arrivent. Neon Neon soit la rencontre de Boom Bip qui tripatouille dans le hip hop déviant et le leader de Super Furry Animals qui doit crachouiller du rock dans le micro, devant ses potes de groupe. Et la logique avec Calvin "I live in the 80's" Harris ? Ah ben écoutez, le titre est encore plus 80's que celui du mois dernier, avec une voix de chanteur qui évoque Kenny Loogins de Footloose, c'est dire non ??

Un des blogs que je visite volontiers est Deperate Zombie, où est annoncé les prochaines sorties de films d'horreurs ou de zombies ou de loup garou ou de tueurs en série déments ou de vaisseau qui découvrent des formes de vies bizarres et dont les scientifiques qui ne manquent pas de s'y trouver se disent qu'elles seraient mieux sur terre, voir des films de zombies qui errent dans des vaisseaux, près d'un cimetière avec Jason et François Léotard qui terrorisent la région. Bref King Missile et leur fameux "Detachable Penis" (1993) illustrait un des posts et je me suis replongé dans ce titre d'une débilité absolue (lire les paroles pour s'en convaincre)

Les Kills, et son co leader aux yeux les plus cernés du monde et toujours fatigué,  sont certains de rafler la mise avec leur paresseux "URA fever" et leur nouvel album ces prochaines semaines. Laissez vous donc porter par ce bruit de téléphone en arrière plan du titre ...

Enfin Helmet ferme la marche et, pour une fois, Page Hamilton ne hurle pas et ne joue pas fortement de la guitare, il adopte une voix de bluesman fatigué sur ce "Silver Hawaiin" titre étrange dans leur production, groovy à souhait échappé de "Betty" (1994).

 

 

27.02.2008

Les Savy Fav "Let's stay friends"

 

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Le moche couple nu dessiné par le chanteur (Adam et Eve ? Roux et Combaluzier ? Stone et Charden ?) sur la pochette du dernier album de Les Savy Fav est plutôt dans une mauvaise position (ahahah) entouré par une dizaine de bêtes sauvages apparemment prêtes à le croquer.

Que s'est il passé ensuite ? L'histoire ne nous le dit pas, mais vue la sortie de cet album en octobre 2007 (et dans une optique créationniste) on peut penser que le niais couple qui se balladait imprudemment à poils dans la nature s'en est sortit en faisant ami-ami (ou ailleurs) avec le serpent, le loup, l'ours, le renard et la belette et que le monde à continué à tourner jusqu'à aujourd'hui.

"Restons amis" donc nous dit le titre de la galette, remarquez vue la carrure du chanteur Tim Harrington (mélange de déménageur et de prédicateur illuminé)  cela semble être un conseil sensé.

Celui ci malgré les apparences ne passe pas son temps à hurler ses parties vocales tout au long des 12 titres de cet album, il alterne vocaux virils (quand même) et chant cajoleur, voir funky sur le titre "Patty Lee".

Pour le côté musical Les Savy Fav arrivent à pondre un album digne des meilleures heures des Pixies (époque Doolitle)  c'est à dire des titres mélodiques courts et concis brassant le rock en sueur, le punk décomplexé ("Slugs in the shrubs") et la pop immortelle ("Comes and goes").

La grande force de cet album est alors de faire un parfait album de pop rock, varié,  sans en avoir l'air, avec pleins d'amis (Metric, Enon ...) jouant beaucoup sur la frustration que va ressentir l'auditeur.

En effet les titres, de moins de 4 minutes, ne répètent pas ad nauseam les lignes mélodiques. Le groupe coupe rapidement court aux débats et passe au suivant. Ce qui fait qu'une fois l'album terminé la seule envie que l'on aie est de remettre le cd depuis le début et de tout réécouter une nouvelle fois.

"Let's stay friends", découvert quelques semaines plus tôt, aurait donc figuré au plus haut de mes meilleurs achats 2007, il restera "juste" dans les meilleurs albums de ma discothèque.

 

Les Savy Fav MySpace 3 titres en écoute "the equestrian", "what would wolves do" et "Patty Lee"

05.02.2008

EZ3KIEL "Battlefield"

 

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Premier album attendu de 2008.

Je me suis intéressé au cas d'Ez3kiel avec leur précédent opus "Barbary" sortit en 2003 me semble t il.

Déjà celui ci sortit largement du cadre "dub" où ce groupe était catalogué depuis ses débuts. On y retrouvait de l'accordéon, des grosses basses, des pas dans le gravier, le chanteur de Fishbone, un univers visuel étrange rétro futuriste, des sons oppressants, quelques scories dub par ci par là, une violence sourde, beaucoup de mélodie, bref quelquechose de neuf et d'attirant dans le paysage musical français.

De plus Ez3kiel a la bonne idée de faire des concerts énergétiques, accompagnés de projections vidéos remarquables.

Puis sort "Battlefield", précédés de ces 2 titres terribles que sont "Admantium" et "Break or die" mis en écoute préalablement sur leur MySpace.

Evidement j'esperais tout un album de ce niveau, de cette puissance et ce n'est pas le cas sur toute la longueur de l'album soyons clair dés le début.

Admantium ouvre le bal avec ses cuivres pachydermiques qui évoque une lente migration d'animaux, certainement aujourd'hui disparus, qui de leur pas lourd et assuré semblent tout écraser dans mon salon.

Volfoni's revenge reprend un titre de leur LP précédent, Naphtaline, pour en faire un impressionant titre où un émule de John Zorn semble avoir élu domicile avec un saxo qui vous vrille le cerveau.

Spit on the ashes, amorce une descente, l'atterissage n'est pas parfait mais le morceau (chanté) est suffisant accrocheur pour que l'on s'attarde dans notre siège et que l'on redemande au pilote un tour supplémentaire.

Et là catastrophe à 2 reprises dans l'album le groupe nous gratifie de courts morceaux inutiles, ici Coal Flake, puis plus loin le teigneux Firedamp qui font considérablement retomber la sauce (mais peut être est ce là le but du jeu ...).

The wedding et ses cuivres ensoleillés convoquent Ennio Morricone et Calexico sous influence dub.

Puis Break or die arrive.

Le titre s'appuie sur une rythmique de batterie implacable et élastique qui vient se casser sur le rivage, des changements de tempo cassent la mécanique, déroute l'auditeur pour mieux ensuite relancer la machine et n'offrir toujours aucun échappatoire à mon oreille terrassée.

Bref une réussite totale, un peu comme l'infernal Atlas de Battles l'année passée. 

Bon ensuite on avance plus pépère, Alignment et son flow rap ne me convient guère, Lull est charmant avec son petit accordéon et son xylophone délicat en porcelaine, mais bon a t on envie d'écouter des morceaux "charmants" ??

Ensuite déboule la reprise baroque d'un thème de Prokofiev (Roméo et Juliette),  mais pas aussi tétanisante que celle du thème de Requiem for a dream auparavant jouée en live sur la tournée de Barbary.

Wegma cloture l'album. Titre piège, sans intérêt dans sa première moitié qui ensuite brusquement bascule au moment où le groupe sort les guitares et les Cd de Pink Floyd circa 1974 pour terminer en beauté, fermer les volets et quitter les lieux.

 

Ez3kiel MySpace ("Admantium", "Spit on the ashes" et "Break or die" en écoute)

31.01.2008

Playlist Janvier 2008

    Dans cette playlist des morceaux que j'ai le plus écoutés durant Janvier 2008, (avec des titres annoncés par Deezer n'ayant aucun rapport avec ce qui va suivre..) on rencontra d'abord le pop rock de Cherry Ghost ("Heres comes the Roman" 2007) extirpé de l'anonyme masse du flot de musique quotidienne grâce à CoolBeans. Ce titre a tout de suite fait écho au merveilleux morceau de Ween ("Exactly where I am at" 2000) même tempo, même type de mélodie, même type de chant, bref que du bonheur à quelques années d'écart.

     On poursuivra avec Lilium ("Whitewashed" 2007) trouvé sur un blog je ne sais où. La légérété des 2 premiers titres a là disparu, les choses sont plus lentes, plus plaintives, avec ce piano lancinant qui fait tout le charme du morceau. Les absents ont toujours torts they say. Ca semble encore plus vrai ici.

    Le dernier coup d'archet de violoncelle de Whitewahshed fait exactement écho au début des Cure ("Cold" 1982) où la tout le monde est mort (et à tort par conséquent). Cette ritournelle, tirée de Pornography, étirée, répétée tant et plus semble avoir été créer pour pouvoir accompagner l'humanité jusqu'à son dernier lieu de repos ("Everything is cold as life"), glaçant même 25 ans après.

     Ca nous laisse toute la mort pour réfléchir à la grande question de savoir si ce titre de Calvin Harris (2007) aurait  été  "Acceptable in the 80's" avec ses vocaux hauts perchés, ces synthés vintage ??

    

  

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