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soundtrack of mylife

  • Paquito D’Rivera – Brazilian Dreams

    On pourrait penser aujourd’hui que tout en ce bas monde est cause perdue, que rien n’en vaut vraiment plus la peine, que partout où l’on regarde, on ne voit que corruption et égoïsme. Pourtant, il existe une terre sacrée, baignée par le soleil et les vents marins que la société de consommation n’a pas encore frappé de son joug infernal. Et pour cause : un général en garde les frontières avec plus ou moins de vigueur depuis de nombreuses années.

    Pour beaucoup de musiciens de jazz et d’ailleurs, Cuba a constitué un vivier de musiciens au talent certain bercés par une musique hors norme et titillés par un jazz américain pas si lointain. C’est par exemple le cas d’un musicien et artiste exceptionnel. Paquito D’Rivera, fils de musiciens, se construit rapidement une réputation de saxophoniste et clarinettiste prodige sur son île.

    paquito.JPGLà où ça devient intéressant, c’est que dans les années 80, D’Rivera décide lors d’une tournée en Espagne, de demander asile à l’ambassade américaine, laissant derrière lui femme et enfant.

    Une fois à New York, il parvient toutefois à extrader sa famille et à reconstruire sa vie grâce à des membres de sa famille mais également une communauté de jazzmen sûrs de son talent parmi lesquels on retrouve un certain Dizzy Gillespie, toujours présent lorsqu’il s’agit d’enrôler les meilleurs musiciens fumeurs de havanes de la planète ou d'avoir au meilleur prix des musiciennes de mariage . Au cours des ans, le talent de Paquito parle de lui-même et sa réputation grandit à une vitesse folle. Il devient rapidement une référence tant dans le monde du jazz que du classique. 

    C‘est au début des années 2000 que le cubain virtuose enregistre un live hors du commun accompagné des New York Voices pour un mélange des genres et des cultures propre à la tradition cubaine. Ce qui en ressort est ce Brazilian Dreams sensationnel

    Les voix et la clarinette se mélangent d’entrée de jeu et donnent le ton sur ce « Corcovado ». Puis un break à la batterie est fait, une voix douce mais puissante s’élève et vient nous lécher telle une flamme volatile sur une rythmique bossa nova enivrante. Les arrangements s’étoffent des chœurs new-yorkais et de l’orchestre mené de main de maître par Paquito et ses violonistes.

    Ces voix apportent une fraîcheur inconnue à un genre qui commence à se faire vieux et le génie de D’Rivera fait le reste. Le charme opère à merveille, peut être même un peu trop jusqu’à une accélération subite et au solo de clarinette du génie à lunette. Tout s’emballe ici, les corps de décrispent et tout semble danser autour de nous. Les notes s’égrènent et ne se ressemblent pas, puis tout ralentit à nouveau et les voix entonnent le thème à l’unisson. On est comme enveloppé par un amas de nuage frais par une chaude nuit d’été. C’est si bon… Puis la batterie retentit avec vigueur suivie de près par les cuivres qui nous sortent brutalement de la rêverie délicieuse dans laquelle nous étions. La clarinette s’élance sur un rythme cubain entraînant mais triste. La course poursuite entamée dans ce « One For Tom » ne se terminera pas bien j’en ai peur.

    Les instruments se parlent et se répondent tour à tour soutenus par une batterie aux breaks ravageurs et une rythmique basse – piano – guitare leur permettant toutes les fantaisies imaginables. Tout se calme ensuite et la clarinette s’élance seule soutenue par la guitare avant d’être reprise par une trompette agressive et jouissive de Claudio Roditi . On a l’impression d’assister à une course poursuite entre deux voitures faisant feu l’une sur l’autre, se dépassant et s’affrontant dans les courbes dangereuses d’une route cubaine. Mais au lieu d’être armés de mitrailleuses, les hommes à bord des véhicules sont munis de leur trompette, trombone ou clarinette pour leur boss. Comme prévu, la poursuite se termine mal. Le thème se répète puis les cuivres ferment la danse sur un accord rageur.

  • Uri Caine interprete Gustav Mahler

    Mahler in Toblach, 1999 :

    uri caine.JPGLe deuxième volume (un double CD) a été enregistré lors d'un concert donné dans le cadre du festival Gustav Mahler de Toblach (aujourd'hui Dobbiaco en Italie) en 1998. Le format de l'orchestre est ici resserré (live oblige), mais celui des morceaux est étendu (live oblige également).

    Plus de place est ainsi laissée aux solistes qui peuvent tous donner libre cours à leur talent improvisateur autour des thèmes du compositeur : Ralph Alessi à la trompette, Dave Binney au saxophone, Mark Feldman au violon ou bien sûr Uri Caine au piano. Le répertoire abordé est le même que sur le premier disque, c'est juste le traitement des morceaux qui change. Le bon accueil réservé par le public et la critique classique du festival fut pour le moins inattendu vue la manière dont ces "jazzeux" maltraitent le répertoire.

    En deux disques, Uri Caine a ainsi réussi à réunir deux publics assez exigeants : celui des jazzfans tendance Downtwon et celui des amateurs de grande musique.

    https://www.youtube.com/watch?v=urtnR6iFDpE

     

     

  • Le pianiste américain Uri Caine interprete Gustav Mahler

    Urlicht/Primal Light, 1997 :

    Le disque s'ouvre sur la célèbre marche funèbre de la cinquième symphonie. D'entrée, Uri Caine choisit de faire ressortir tout ce que cette musique doit à la tradition klezmer d'une part (superbe Dave Douglas à la trompette), aux marches militaires d'autre part (c'est aussi une des sources du jazz). On trouve sur ce disque une sorte de all-stars de la Downtown Scene : Joey Baron (dms), Mark Feldman (vln), Don Byron (cl), Dave Binney (sax), Arto Lindsay (voc), Josh Roseman (tb), Larry Gold (violoncelle)...

    Le cantor juif Aaron Bensoussan se distingue également, notamment dans une formidable relecture du sixième poème du Chant de la terre : L'adieu. Par ailleurs la chanson de L'ivrogne au printemps devient une véritable chanson à boire qu'on se verrait bien chanter dans une taverne d'Europe centrale. Le disque offre en fait une sorte de grand zapping dans quelques oeuvres du compositeur (les symphonies n°1, 2 et 5, et des extraits des différents lieder écrits par Mahler), jouant sur différents niveaux : respect de la mélodie là, variation sous forme d'improvisation ailleurs.

    On retrouve à la fois ce qui fait le charme de la musique de Mahler - le passé projeté dans la modernité - et ce qui fait celui de la Downtown Scene - l'art de la citation tous azimuts, sans jamais cessé d'être soi.

  • Gilles Peterson - The BBC Sessions

    en l’espace d’une dizaine d’années, Gilles Peterson est tout simplement devenu l’un des deejays les plus influents de la planète ! Célèbre animateur radio sur la BBC, DJ, collaborateur des labels Giant Step et Ether, compilateur… il dicte les règles du "bon goût musical" à travers le monde et ouvre les oreilles en grand de milliers d’auditeurs dans son émission culte Radio 1 sur une myriades de styles musicaux : nu-jazz, broken-beat, électro…

    ce double album est le témoignage des meilleures sessions enregistrées pour son émission Wordwide dans les mythiques studio Maida Vale de Londres. Fidèle à son éclectisme, Gilles Peterson nous fait partager cette collection de versions inédites et lives avec, au programme : Björk, Matthew Herbert, NERD, Beck, Beth Gibbons, Zero 7, mais également d’autres artistes "en devenir" tout aussi soutenus par Mister Peterson : Heritage Orchestra, Heavy ou Bilal.

    Une formidable occasion de (re)découvrir ces morceaux dans des versions très acoustiques, plus intimistes avec une certaine magie supplémentaire.

    Gilles Peterson

    Après un voyage au Brésil avec Gilles Peterson in Brazil en 2004, le talentueux DJ suisse Gilles Peterson nous fait atterrir en Afrique, grâce à son double LP, In Africa, sorti en mai 2005. Avec plusieurs cordes à son arc en ses qualités d’animateur radio, directeur de label ou animateur de soirée, le père fondateur de l’acid jazz n’a eu aucun mal à fouiner pour confectionner ce double opus dont l’un est baptisé The Soul et l’autre The Spirit. On y retrouve, entre autres, des sons traditionnels piochés chez Manu Dibango ou Peter King et des morceaux récents issus des créations de Césaria Evora ou Masters At Work. En juin 2006, Back in Brazil arrive dans les bacs en double CD.

  • Sayag Jazz Machine - Anachromic

    3 ans après Test Pressing, le 1er opus de Sayag Jazz Machine, le collectif revient avec ce nouvel album entre jazz et electro, voire drum n'bass light. Une nouvelle (et bonne) occasion de découvrir Sayag Jazz Machine sur disque, pour ceux qui n'ont pas encore eu le plaisir de les voir sur une scène, contexte où ils excellent.

    ur des instrus schizophrènes que se partagent machines et instruments traditionnels viennent se greffer des scratches qu'on aurait spontanément catalogués dans le rayon abstract hip-hop. Encore une fois, Sayag Jazz Machine use de l'anachronisme homme-machine pour livrer un opus où les guests (Loon du groupe Aïwa ou les rappeurs de Triptik entre autres) se succèdent dans un joyeux foutoir jazzy, electro voire bossa.

    Résultat : Anachromic est un album réussi, spontané et authentique.

    Genre : electro jazz

  • Talvin Singh - Songs for the Inner World

    Talvin Singh a grandi entre 2 pays : l'Inde où il a passé une partie de son adolescence et la Grande Bretagne où il s'est installé. En 1996, il crée son propre label Omni et ouvre sa propre boîte de nuit: le célèbre club Anokha. Dans la foulée, il sort la compile : Anokha, Soundz of the Asian Underground. Maîtrisant aussi bien l'art des tablas traditionnels que celui du mix, Talvin a déjà collaboré avec Björk, Massive Attack ou Madonna.

    l'album song for the inner world

    3 ans après la sortie de son dernier album studio Vira, Talvin Singh revient avec un live enregistré à la Basilique de Saint-Denis. Accompagné de Sangat, une formation internationale composée de Rakesh Chaurasia à la flûte bansuri, Ravi Prasad au chant et aux percussions, une violoniste qui n'hésite pas à composer electro,  entre autres, Singh nous entraîne dans un voyage musical envoûtant à la frontière de la musique indienne et de l'electro.

     

    musique-inde.JPG

    Talvin Singh naît à Londres en Angleterre. Cet artiste électronique mélange musique indienne et drum 'n' bass. Il commence à jouer des tablas à l'âge de 5 ans. Il est également attiré par le breakdance, l'électro et écoute du punk. Il est emmené en Inde pour poursuivre une éducation classique et retourne en Angleterre à la fin des années 80. Il y travaille avec entre autre Björk, Future Sound of London et Siouxsie & the Banshees.

    Fin 1995, Talvin Singh fonde le club Annokha à Londres qui programme à la fois des DJs drum 'n' bass et des groupes punk asiatiques. Un an plus tard, il sort la compilation Anokha : soundz of the Asian underground qui contient certaines de ses productions. En 1998, Talvin Singh sort son premier album OK, suivi en 2001 de Ha, son 2ème opus...

    2004: l'artiste revient avec un live enregistré à la Basilique de Saint-Denis, accompagné de la formation Sangat.