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soundtrack of mylife

  • Swayzak : un classique rtechno

    Soyons bien clair, en matière de minimal techno, vous savez ce genre roi des années 90 et début 2000 qui semble aujourd'hui fatiguer tout le monde (même ceux qui en font encore), il y a deux écoles : 1. Celle des pionniers majoritairement originaires de Detroit, les Robert Hood, Daniel Bell, Jeff Mills ou Richie Hawtin et 2. Celle des Studio 1, Mike Ink, etc, (aka Wolfgang Voigt, également connu sous les pseudos de GAS) ou encore Maurizio/Basic Channel et consorts, côté européen (principalement Berlinois). Ceci étant dit, la techno appelée "minimal" aujourd'hui (sans "e", c'est de l'anglais), n'a que peu de choses à voir avec cette musique janséniste, rigoureuse, ascétique, bref en un mot sévère du début des années 90, principalement basée sur le rythme.


    En effet, à partir de 1997, 1998, des labels comme Kompakt ou Italic sortirent le genre de son carcan. Plus mélodique, vaporeuse, voire enfumée (dubby parfois), usant volontiers de nappes, elle devient largement plus mélodique, même si toujours économe en ce qui concerne les effets ascensionnels du genre. Ainsi chez Kompakt, oubliez les sifflets et sirènes, oubliez les progressions compliquées, les digressions et autres circonvolutions. Pourtant, début 2000, ce sous-genre, soudain devenu populaire, se voit revendiqué par de très (trop) nombreux producteurs et DJ. On peut citer en vrac Gui Boratto, MIA, Damian Schwartz, Jürgen Paap, Stewart Walker ou même Sutekh, Ricardo Villalobos et Luciano (qu'on m'explique ?? Luciano, Villalobos, minimal ? Enfin…) Reste que cette école, très prolifique, bénéficia de vrais chef-d'œuvres impérissables, parmi lesquels on trouve le magnifique Snowboarding in Argentina du duo britannique Swayzak, qui fait justement parfaitement le lien entre les stances rigoureuses de la première manière (celle des Hood et des Bell) et les mélodies voluptueuses de la seconde (l'école Kompakt pour faire court).


    Les amateurs seront donc heureux d'apprendre la réédition (enfin!) de cet opus incontournable de la techno minimal ET mélodique. Un album qui en remontre même à Michael Mayer, Superpitcher ou Gui Boratto, c'est dire la qualité de l'ensemble. Autant dire que même en extase les mains en l'air sur le floor, on applaudit des deux mains cette initiative inattendue !

  • 4 autres albums de musique contemporaine

    Murcof - The Versailles Session (Leaf/Differ-ant)
    Les grandes eaux de Versailles mises en musique par le Mexicain Murcof, alias Fernando Corona, pape de l'electronica symphonique et éthérée, en effet c'est "les grandes eaux". Sortez les mouchoirs ! 

     

    Machinefabriek & Stephen Vitiello - Box Music (12K/Metamkine)
    Une collaboration entre deux producteurs séparés par des milliers de kilomètres, quoi de plus "contemporain". C'est vrai, mais quand le Hollandais Rutger Zuydervelt (Machinefabriek) envois par la poste une boîte pleine riz, des céréales au chocolat, des coquilles d’oeufs, de vieilles cassettes audios, des touches de pianos à l'Américain Stephen Vitiello, cela donne une œuvre émouvante et d'une poésie incroyable.

     

    Ezekiel Honig - Surfaces of a broken marching band (Anticipate/Modulor)
    Entre minimale techno ouatée et musique concrète onirique, l'Américain Ezekiel Honig prouve que les préceptes des pionniers français de la musique concrète des années 50 ne sont pas tombés dans l'oubli.

     

    Peter Rehberg - Work For GV 2004-2008 (Editions Mego/La Baleine)
    Musique électronique et art contemporain font bon ménage, c'est bien connu. Avec Work For GV 2004-2008, l'Allemand (né à Londres) Peter Rehberg le prouve une nouvelle fois en compilant sur ce CD son travail pour la chorégraphe d'avant-garde Gisèle Vienne. Un must spasmodique ! 

     

  • 4 albums de musique contemporaine à écouter en 2021

    Lionel Marchetti - Adèle et Hadrien (le livre des vacances) (Optical Sound)
    Œuvre discrète et magnifique hommage aux sons anecdotiques du regretté Luc Ferrari, Adèle et Hadrien (le livre des vacances - livre jeunesse) est une touchante évocation du monde secret de l'enfance et des moments d'innocence qui lui sont associés. Long live to Marchetti ! 

     

    Anne-James Chaton & Andy Moor - Le Journaliste (UnSounds/Metamkine)
    Chef-d'œuvre de spoken word hypnotique sur fond de guitare free et subtilement bruitiste de l'ex-The Ex Andy Moor, Le Journaliste est à ce jour le disque le plus abouti et le plus fascinant du poète sonore français Anne-James Chaton.

     

    Guiseppe Ielasi - Stunt (Schoolmap/Import)
    Avec Stunt premier d’une série de trois EP, l'Italien Guiseppe Ielasi, initialement un guitariste s’adonnant à la musique électroacoustique depuis 1988, signe un des mini-albums contemporains les plus attachants du répertoire électroacoustique de l'année 2008.

     

    Murcof - The Versailles Session (Leaf/Differ-ant)
    Les grandes eaux de Versailles mises en musique par le Mexicain Murcof, alias Fernando Corona, pape de l'electronica symphonique et éthérée, en effet c'est "les grandes eaux". Sortez les mouchoirs ! 

     

     

  • Les Smashing Pumpkins à 40 ans

    Les Smashing Pumpkins, j'ai du mal à m'en défaire. J'ai été les voir par pure nostalgie au Grand Rex en mai, je les ai croisé par hasard à Barcelone en juin et là ils viennent dans MA Route du Rock comme si je n'avais pas assez entendu "Today" et "Zero" cette année. Une bonne chose donc, que le groupe se soit radicalement transformé en quelque mois. Exit les tenues de super héros et les robes de mariée, bonjour le look euh.. clodo-chic ? (digne des personnages du roman l’année de la pensée magique, de Joan Didion ) La setlist, si elle fait toujours la part belle aux vieux tubes (on est dans un festival après tout) laisse heureusement peu de place aux extraits du nouvel album qui sont cependant tout à fait corrects une fois défaits des artifices de production de Zeitgeist. Des vieilleries totalement réarrangées et d'autres raretés asurent le contentement de tous, du fan (venu en masse. en grosse, grosse masse) et du passant improbable, peut-être venu pour le concert annulé de Peter Bjorn & John.

    Même si les sentiments exprimés par Billy Corgan semblent aujourd'hui loin de nous, lui à quarante ans assume totalement ses paroles de goth de quatorze piges et des solos de guitare à la Van Halen entre quelques roulements de batteries spectaculaires de l'excellent batteur Jimmy Chamberlin. Avec l'âge, ils semblent avoir abandonné toute fausse modestie et se lancent dans des jams parfois prétentieux, souvent trop longs mais aussi terriblement satisfaisants par moments. Corgan et son nouveau guitariste Jeff Schroeder se lancent dans des duels de solos avec la jubilation d'un joueur débutant de guitar hero. La foule est devenue une masse compacte violemment secouée par le métal et unie par les hymnes universalistes pré-émo comme "Tonight, Tonight" ou "Disarm". Ces citrouilles sont peut-être le groupe le moins dansant de tout le festival mais qui pourrait danser, de toute façon, quand il se bat amicalement avec son voisin pour assurer son espace vital ?

    Situé un cran au dessus de toute considération esthétique, ce bon gros show rock a emporté le public et nous avec, nous vidant de toute notre énergie. On est vraiment désolé pour CSS, d'autant plus que le bruit court que Lovefoxx a terminé le show vêtue uniquement de paillettes. Un type bourré et nu me l'a dit, en tout cas.

  • le Tilt Festival de Perpignan

    C'est LE festival des arts numériques dans à Perpignan pour qui recherche une activité dans les Pyrénées Orientales : ludique et musical, le Tilt Festival  est ouvert à tous publics.

    Côté art visuel et multimédia, les curieux pourront découvrir ou redécouvrir une version remixée de THX1138, le fameux film de Georges Lucas mis en musique par Digital Borax. C'est le "ciné-remix". Le slam sera également à l'honneur au cours de cette édition, ainsi que, de manière plus étonnante, les claquettes, puisque le Tilt invite cette année les acclamés Tamago's Urban Tap, une troupe mêlant hip hop, claquette et art numérique !

    Pour finir, les intellos seront également servis avec une table ronde autour du phénomène du mash-up, ainsi qu'une réflexion sur "les droits d'auteur et leur rémunération" dans le domaine des arts numériques, intitulée : Mash-up, vjing, remix : quelles créations pour quels droits ?

    Quatre jours bien remplis donc, dans la capitale catalane et une nouvelle édition encore une fois pleine comme un oeuf qui s'annonce aussi exigeante que passionnante. Rendez vous du 12 au 15 mars au Mediator de Perpignan, ainsi qu'à l'Institut Jean Vigo, partenaire de l'évènement THX1138, pour la table ronde. Retrouvez tout le programme, horaires et lieux en vidéo ci-dessous ou sur le site du festival.

     

  • Prefab Sprout et leur album Steve Mc Queen

    Sorti en 1985, le Steve Mc Queen des Anglais Prefab Sprout, réédité ces derniers jours en une Legacy Edition définitive, n'est rien d'autre que l'un des plus beaux albums de pop mélodique depuis le Pet Sounds des Beach Boys.
     
    Second album du groupe après le très moyen mais déjà prometteur Swoons, Steve Mc Queen connut un succès critique qui poussa le leader du groupe, Paddy Mc Aloon, à avouer à la presse du bout des lèvres et à regret : "Je suis peut-être le plus grand compositeur vivant, après tout." L'après tout fait toute la différence et définit la modestie du projet des Sprouts : devenir le plus grand groupe inconnu du monde, produire une musique belle et intelligente que pas grand monde ne remarquerait pas mais aurait en permanence entre les oreilles.
     
    Les Sprouts enchaîneront après Steve Mc Queen, d'autres albums éblouissants et virtuoses mais qui ne saisiront jamais avec autant d'acuité la légèreté et l'insouciance du moment adolescent, cet instant décisif où la pop fait se téléscoper l'intensité du sentiment amoureux, son arrière-goût mélancolique et une forme de pureté théologique. Catholique fervent, devenu aujourd'hui presque aveugle, Paddy Mc Aloon est resté une sorte de croisement entre Brian Wilson et Syd Barrett, annonçant plusieurs albums concept dans ses tiroirs sur la vie de Michael Jackson ou d'Elvis Presley. La réédition de Steve Mc Queen est augmentée d'un bonus 9 titres où le chanteur recrée les morceaux originaux en version acoustique, les réarrange, les réinvente avec une subtilité inouïe.

    Si l'on entend toujours d'où vient cet album (les instruments et les sons de 1985 sont reconnaissables entre mille, mais tiennent, chez les Smiths ou d'autres, l'épreuve du temps), il est impossible de ne pas s'extasier devant le quatuor d'ouverture : "Faron Young" (et son gimmick de guitare), "Bonny", "Appetite", "When Love Breaks Down" (la chanson la plus triste du monde mais pas leur meilleure selon moi), tout simplement magique. En relecture 2006, ce sont les deux morceaux outsiders "Desire As" et "When The Angels", chanson de clôture, qui y gagnent le plus. La voix de Mc Aloon est plus grave et frotte les textes comme un vieux vinyl, mais apporte une densité et une profondeur à ces textes de gamins. A l'entendre chanter, on ne croirait pas que l'Anglais a depuis perdu la vue et partage les mêmes ténèbres que Gilbert Montagné. Comme quoi, on peut, sans les yeux, ne pas voir et entendre le même monde.