12.10.2007
Moroder ou la pilosité triomphante à travers les âges

Autant le dire tout de suite le Moroder ne se bonifie pas au fil des années.
Il a traversé les 4 dernières decennies en produisant des tas d'artistes (notre Mireille Matthieu ou Donna Summer) , a écrit des tas de musiques pour des films plus ou moins légers (Over the top, Flashdance, Midnight Express....), a été récompensé par moultes oscars pour ces musiques de films, a écrit les hymnes des JO en 1984 et de coupe du monde de foot en 1990 et a aussi sortit des albums sous son nom (ouf).
C'est sur ces titres là que ce best of, trouvé dans ma médiathèque de quartier, s'attache.
Le bougre a commencé dans la seconde partie des années 60 en chantant des titres influencés, par exemple, par les Beach Boys (Looky looky). Ce sont ceux qui restent le plus écoutables autant le dire tout de suite.
Puis la vague disco est arrivée et Moroder est devenu un producteur reconnu, pour Donna Summer notamment. Il a aussi participé en son nom à cette époque paillettée tous poils et pattes d'eph' dehors. Là les choses se gâtent, en témoigne la reprise toute en arrière gorge de "Night in white satin" des Moody Blues, retitrée "Knight in white satin". Je vous fais grâce de l'élégant "I wanna funk with you" susurré par ses choristes en chaleur manifestement (cf notre document). Sur d'autres titres (Baby blue) c'est carrément un pillage en règle des Bee Gees, sans aucune vergogne.
Arrive alors la BO de "Midnight Express" en 1978. On peut dire que ce titre est certainement l'apogée de la carrière du gars. Mélodie froide, basses (synthétiques) en avant comme la new wave rapidement après. Quant à la techno plus tard elle a dû beaucoup s'inspirer de l'apparition régulière de la charley (héritée du disco) dans le morceau, histoire de faire monter le tension pour appuyer le côté hypnotique et obsédant du titre. "Chase" reste malgré tout un bon titre, certainement du fait aussi de l'absence de chant souvent calamiteux et caricatural chez Moroder.
Après, la compil nous gratifie de titres des années 80 et là c'est la décheance totale. En effet la pop mainstream US à cette époque proposait 2 schéma musicaux.
Soit des titres rapides avec des basses synthétiques outrancières couplées à des programmation à l'emporte pièce, le tout porté par des voix viriles évoquant un Springsteen de banlieue avec ses refrains saupoudrés de brassées de notes au synthé. Et si besoin était on balançait quelques guitares rythmiques ridicules.
Soit des titres plus lents, avec un phrasé genre Lionel Ritchie sur "Hello", avec là le refrain joué note par note, de manière toujours aussi pompier, appuyé par de pseudos arrangements symphoniques. Bref le naufrage total, inécoutable 25 ans après, le titre "American dream" va vous faire comprendre votre douleur.
Le fond étant atteint début des 90's avec le son estampillé "Stock Aitken Waterman" terraformant ainsi toute vélléité musicale.
Au final Moroder semble avoir été un grand producteur sachant flairer le bon sens du vent mais, dans ses albums, un immense ramasse miettes opportuniste, dont il ne restera pas grand chose.
Moroder : Looky, looky (1969)
Moroder : Knights in white satin (1976)
Moroder : American dream (1984)
02.10.2007
Où j'assiste à l'anniversaire du chanteur d'Unsane
UNSANE + DURACELL + DYSE (Epicerie Moderne, Feyzin, 28 septembre 2007)
Ouverte depuis 1 an et demi cette nouvelle salle, nichée dans la charmante ville pétrochimique de Feyzin (là où ça pue quand vous arrivez à Lyon par le sud), joue la carte de l'ecclectisme.
Du hip hop (Dälek il y a quelques mois), du hard core (Cave In l'année passée), du Robert Charlebois en octobre, du dub, de la chanson française, de la techno (Agoria bientôt).
Unsane et ses amis étaient eux de passage là la semaine dernière. Connaissant bien leur musique et leurs albums aux pochettes dégoulinantes (clique donc sur "music"), je me suis dis que ça devait être un parfait groupe de scène.
Mon analyse était assez bonne au final je dois le dire.
En entrée on a eu droit à Dÿse, projet parallèle d'un autre groupe Volt me semble t il. On a affaire là à un batteur en forme et à un guitariste sauvageon. Pour décrire vaguement leur mixture on parlera de hard-core noise (écoutez donc des titres sur LeurEspace) assez épique (oui ça veut rien dire je sais) pas trop pénible. A la fin le batteur rechaussa de grosses lunettes de vue, il était beaucoup moins rock and roll je dois dire.
Immédiatement Duracell (André de son prénom) entama son set dans le dos de la foule. Batterie au sol (avec un tapis dessous ça je comprends toujours pas le role de celui sous une batterie, une question de résonnance peut être ou un truc feng-chui ??) et un lap top. Entre les 2 des fils. Le concept de dédé c'est de taper sur sa batterie comme un furieux et de générer ainsi, grâce à son pécé, des sons pré-enregistrés de jeu 8 bits des années 80 (voir là pour une explication technique à laquelle j'ai trop pas compris grand chose) pour nous rejouer les thèmes de ses jeux favoris, de certains niveaux (à un moment il a joué le theme du niveau 4, ou du moment du game over de Space Harrier t'as qu'à voir..), voir même du Bach (le compositeur hein pas le chanteur de Skid Row). Sur la longueur c'est un peu long, mais c'était aussi l'occasion de voir un débile de légende qui a un peu mystifié tout le monde, enfin ceux de devant, parce que sinon tu devais pas voir grand chose (de bien belles images pour mieux comprendre le principe)
Sur un titre du Velvet Underground, Unsane est un pur produit new yorkais, la tête d'affiche entre en scène. Unsane c'est une des dernières légendes de la scène noise/hard-core US (Helmet, les Cows, les Butthole Surfers, Barkmarket, Amphetamine Reptile etc etc) encore en activité. Et paf tout s'enchaîne, la machine est en route et nous assène ses titres courts et intenses, portés par une batteur de légende (Vinnie Signorelli ex Swans) puissant et félin et une basse groovy à souhait que l'on entendait pour une fois. Dommage Spencer chante toujours un peu dans le même registre, mais leur hard-core, rock garage, teinté de blues, lent et rampant fait bien son effet. C'est aussi l'anni du chanteur qui doit bien avoir la quarantaine, champagne et gateau que le batteur distribue directement dans la bouche du premier rang (vu sa stature tu acceptes).
14:40 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : msique, unsane, dyse, dracell, epicerie moderne, hard-core
30.09.2007
Où je finis rapidement de raconter ma vie parce que bon ....
Les années 90 ont commencé en septembre 1991.
Je suivais ma petite route musicale tranquille.
J'avais entendu parler de Nirvana mais de loin, dans Best.
Un après mide je rentre dans un magasin de disques, aujourd'hui oublié de Valence, en fond sonore il y avait "Nevermind".
Je vadrouille entre les rayons, les titres s'égrenent et tous me paraissent géniaux, immédiatement assimilables, puissants et mélodiques.
Le rêve.
Et ben non je ne l'ai pas acheté cette fois là, ce foutu album, je me suis dis "c'est pas possible, c'est trop parfait, trop tout, je vais vite me lasser" ou un truc comme ça.
Clairvoyant le gars.
Dire que dans les mois kakis suivants (j'étais à l'armée) je n'ai écouté que ça n'est pas tout à fait vrai, j'écoutais aussi France Info.
Puis l'année suivante ont débarqué Nine Inch Nails et Ministry, j'étais pris au piège de "Psalm 69" et de "Broken".
Ensuite tout est allé vite, la noise US (Unsane, les Butthole Surfers, Jesus Lizard, Helmet), puis les Pixies, puis Godflesh, le techno metal (Die Krupps et autres KMFDM aujourd'hui délaissés...), Bastard, Hint en France.
Le Pez Ner à ouvert à Lyon me permettant de voir certains de ces groupes (je vous renvoie là) puis a fermé laissant place à de la poussière et à des souvenirs.
Aujourd'hui j'écoute encore tous ces groupes cités (sauf Die Krupps parce que c'est quand même un peu tout moisi), des tas d'autres choses plus pop (dEUS, Pinback, Radiohead, AYWKUBTTODead etc), du hard core US nouvelle génération (Dillinger Escape Plan, Cave In...), de l'ambient, des saloperies en 45 T des années 80 ou Camille sont venus s'agglomérer là.
Le reggae, le black metal, le folk et le free jazz eux me laissent par contre toujours froid.
Vous voyez peut être un peu mieux de quoi nous parlerons ici par la suite, à une fréquence aléatoire.
Passez de temps en temps, promis j'arrète de parler de moi.
Bande son : allez vite fait dEUS et Nirvana. "Suds and soda", tiré de leur premier album, où comment emmener l'auditeur loin de sa base de départ, par des chemins escarpés, pour au final faire des titres mélodiques au possible. "Frances farmer will have her revenge on Seattle" parce que je me demande parfois quel type de fille est la fille de Cobain, Frances, avec cet héritage si lourd sur les épaules.
21.09.2007
Où je continue à raconter ma vie (part 2 fin 80's)
L'entrée au lycée fut pour moi l'occasion de commencer à écouter du punk français par désoeuvrement ou affirmation adolescente un peu brouillonne certainement.
D'abord Gogol 1er puis toute la ribambelle des groupes indés d'alors : les Bérus et Ludwig Von 88 en tête de liste puis les Garçons Bouchers, les Vierges, OTH dont il ne reste aujourd'hui plus rien sauf un risible dernier album des Bérus paru en 2006 (avec un titre comme "le loup et le chevreuil" ou "le loup le renard et la belette" je ne sais plus) qui pose la question de savoir s'arréter à temps.
Je passais aussi des heures assis sur la table de ma cuisine à écouter la FM et ses radios associatives pour découvrir Talk Talk, The Cult, TheThe, The Bolshoi and so on, pendant que Licence 4 ou Jean Pierre Mader ravageaient les oreilles de mes camarades de classe.
Puis un jour tout bascula dans une autre dimension avec le premier album des Young Gods sortit en 1987.
Un de mes meilleurs amis avait acheté cet OVNI en vinyl, comme ça sur les conseils du vendeur.
Le premier morceau de l'album "Nous de la lune" ne ressemblait en rien à se que je connaissais. Une rythmique lourde héritée des Swans (mais je ne le saurais que bien des années plus tard), une voix d'outre monde, des paroles enigmatiques, des sons sourds évoquant une fonderie, une attaque frontale, sans référence connue.
Même sans réelle assise mélodique (mon fond de commerce premier) je digérais tout l'album puis les suivants, année après année jusqu'à maintenant.
Je sautais un pas important ce jour là pour découvrir une face cachée de la musique contemporaine avec des groupes, musiciens, chanteurs hors des clous, se moquant bien de faire dans le beau ou le consensuel, qui voulaient juste suivre leur propre chemin un peu loin du monde.
J'ai donc commencé mes études avec cette nouvelle bande son dans les oreilles, mais aussi avec l'EBM et ses albums robotiques (Front 242, A Split second ...) auquel vint se greffer des groupes gothiques comme les Sisters of Mercy, Mission et Trisomie 21.
Sans platine vinyl ces groupes étaient difficiles à se procurer, même à l'époque de la K7 reine on trouvait difficilement ce genre de groupes.
Alors je compilais fébrilement des vinyls de potes, des bouts d'émission de radio, je lisais Best en long en large et commençais à pointer mon nez dans les salles de concerts.
Le dernier groupe marquant de ces années 80 fut Noir Désir et son premier album "Veuillez rendre l'âme (à qui elle appartient)".
Du rock français avec des textes et de la musique qui faisait quand même souvent faute aux groupes alternatifs français avec leurs "lalalalalala" braillés sur fond de boite à rythme asthmatique et de guitare scolaire.
(à suivre)
BANDE SON : "Nous de la lune" ses cloches infernales et son rouleau compresseur rythmique.
"L'amourir", que l'on trouve sur leur second album de 1988, ou le parfait morceau pour aller droit dans un mur en voiture ou en moto à toute vitesse. A écouter donc fort plutôt dans son salon, sans risques.
17.09.2007
Où je commence par raconter ma vie (Part 1, early 80's)
C'est sous une lampe basse, dans le salon sombre d'une tante depuis longtemps décédée, que tout a commencé en 1982.
Ma grand mère venait de rendre son âme à Dieu et arraché de mon collège en pleine classe je me suis retouvé en plein mois de novembre, au beau milieu du Cher, à accompagner un membre de ma maigre famille dans un cimetiere au bout du village.
Pendant une semaine mes parents sont restés là pour tout préparer, tout organiser.
Je ne pouvais donc pas faire grand chose d'autre que de ne pas aller en 5ème et que de tourner en rond dans cet endroit où je n'allais que l'été.
La clarté du soleil était remplacée par un temps gris et froid de circonstance.
Une radio, enfin un transistor, trainait dans ce grand salon, plein de grand bahuts en bois massif, inquiétants dans la pénombre de la pièce.
Un soir je l'ai allumé et je suis tombé sur le hit parade de Jean Loup Laffont sur Europe 1.
Jean Jacques Goldman commençait sa carrière ("Quand la musique est bonne") pour le reste, Rose Laurens peut être....
Bref rien de bien extraordinaire sauf pour des oreilles sans aucune référence.
Pris au jeu j'ai commencé à écouter tous les soirs le hit parade (quel mot désuet maintenant mon dieu).
Quand ma correspondante anglaise à débarqué chez moi quelques mois plus tard, mon pauvre JJ Goldman paru bien fadasse, pensez elle avait emmené dans ses bagages Depeche Mode, Duran Duran, OMD et consorts......
Un voyage en Angleterre plus tard, le mal était fait, j'étais prêt à écouter de la musique jour et nuit, à tout prix, n'importe quoi, pourvu que ce soit différent et de préférence pas connu pour bien marquer ma différence.
Des noms ?
Human League, Madness, Heaven 17, Soft Cell, Tears For Fears ..............
Tous ces groupes, bateaux aujourd'hui, n'étaient guère connus à cette époque en France, la FM en diffusait timidement certains, ma mémoire faisait le reste.
Au gré des émissions j'enregistrais certaines de ces pépites sur un vieux poste mono, sur des cassettes à durée de vie limitée et écoutais ces précieux trésors en boucle.
Pour le Noel suivant j'ai demandé des albums en K7.
Il m'apporta Etienne Daho ("La notte, la notte), Tears For Fears ("Songs from the big chair"), Kim Wilde.
Je n'ai jamais oublié les groupes, chanteurs ou styles de musique que je fréquentais.
J'ai toujours procédé par superposition.
Ainsi à la strate JJ Goldman, Rose Laurens s'est rajoutée la new wave anglaise, puis le punk alternatif, puis la musique gothique, puis du rap, du hard core, de l'indus etc etc (et ainsi de suite jusqu'à aujourd'hui).
(à suivre)
BANDE SON : "The Working Hour" est le second titre de "Songs from The Big Chair", il suit immédiatement "Shout" connu de tous.
Ce titre là, peut être caricatural avec son sax omniprésent, est moins connu.
Il est certainement celui qui me semble, plus de 20 ans après, le plus proche de cette époque, qui m'en fait sentir le plus proche.


