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16.07.2008
Top Of The Flop Of The Pops On The Blogs

Mon camarade de clavier du Golb a lancé cette idée de parler "négativement", mais le plus objectivement possible (ou pas) d'un album que l'on n'aime pas ou que l'on trouve surestimé.
J'ai jeté mon dévolu sur Disintegration des Cure pour ma part.
Ca se passe à Lyon en 1989.
Avec ma chérie nous nous dirigeons vers le Palais des Sports à Lyon pour y voir les Cure pendant la tournée suivant la sortie de "Disintegration".
Un Suisse enlève ses fringues habituelles dans sa voiture et s'habille consciencieusement en corbeau : fringues noires; Doc Martens et tout le tralala prêt pour la cérémonie sacrificielle.
Tout Cure est depuis là je trouve ; un groupe de pseudos désespérés qui dans la vie civile mangent chez Mac Do et regardent Bob l'Eponge avec leurs gamins mais qui une fois en concert ou en enregistrement rentrent dans la peau de pauv' gars qui ont trop du chagrin et qui égrènent de petites notes de guitares pour évoquer la pluie qui tombe et la tristesse qui les gagne inexorablement au fond de leurs petits coeurs desséchés.
Je me dis que les Cure profitant d'un titre d'album piqué >certainement à Kreator ou Possessed auraient dû en rester là et et ne pas dépasser la ligne blanche des années 90.
Petit retour en arrière.
En 1979 les Cure sont un trio qui lit Sartre et des publicités et qui sort un album sec de post punk, saupoudré de pop. C’est court, nerveux, efficace, impeccable, presque 30 ans plus tard il passe encore souvent dans mon salon.
Puis Robert s'enfonce dans la tristesse, certainement causée par l'arrivée des années 80, des cravates en cuir, des débuts de Jean Jacques Goldman et du fluo à tous les étages.
Tant de couleurs l'effraie, il tombe alors en dépression.
Il en résulte la fameuse trilogie« 17 seconds/Faith/Pornagraphy », soit le panthéon intouchable du Saint Graal de la musique mondiale (moquette)(qui va s'y coller tiens ??)
La messe est dite. On ferme les volets, on se taillade les veines en étoile, on fait l'amour sur des pierres tombales, on frissonne en lisant un poème de Lautréamont.
Le gothique est à son apogée, on va tous crever.
Puis Robert, à la suite peut être d’un abus de rosé, part en vacances en Espagne et retrouve des couleurs. Il va mieux.
La joie de vivre vient lui rosir les joues. Il nous pond plein d'albums de plus en plus ouvertement pop et éloignés de toute race de rimmel noir (soit Japanese whispers/The top/The head, the door/Kiss me), et sa horde de singles sautillants comme Why can't I be you » par exemple.
Bob est tellement wild et décomplexé qu'il se coupe même les cheveux, s'achète des chemises à fleurs et joue pieds nus au foot plage (non je vais trop loin là).
Les Cure connaissent le succès et la foule qui les acclame de partout.
Pleins de petits Robert se mettent alors à pousser dans les cours de lycée fançais.
Mais comme tout bon dépressif chronique Bob replonge, car tout ce succès évidemment le déprime.
Alors en 1989 (au lieu de se tirer une balle dans la tronche dans son garage en écoutant Indochine) il nous sort « Disintegration » fond de son trou noir.
Et là c'est le drame.
Bon déjà les gens qui changent d'humeur tous les 4 matins moi je trouve ça pénible.
Mais si en plus c'est pour nous sortir, en guise de catharsis, un gros loukoum dégoulinant de synthés pompiers (« the same deep water as you » ou encore l’horrible « Plainsong » ou l’intro pouet pouet de « Prayers for rain »)) de partout (et qui 20 ans après ont pris un sacré coup sur la carafe), bourrés dans tous les interstices de l’album, plein d'histoires d'amour qui foirent, longues de 6 voir 9 minutes, surlignées grossièrement par une batterie produite par un mammouth (à tel point que l’on dirait Phil Collins derrière les fûts) moi je peux pas.
Le pire (avec les synthés) étant les arpèges de guitares à tous les étages, égrenés lentement, genre je suis trop trop triste, laissez moi tout seul en Pologne dans le noir.
Sur quelques titres pourquoi pas mais 12 titres, au secours.
Auparavant Robert usait déjà de cet artifice mais là ça devient un supplice, très lent, qui ne prend fin qu’au bout de 70 minutes, pitié !!!
Alors bien sûr on trouve des titres agréables qui sont restés comme « Lullaby » ou « Lovesong" dans la première partie de l'album. Ce sont comme par hasard les titres les plus concis de l’album.
Mais ensuite c'est le compteur bloqué sur plus de 6 minutes que Robby et ses copains déversent leurs morceaux tous plus pénibles les uns que les autres pour bien bien nous faire comprendre ce qu’est la tristesse, la vraie, et le désespoir le plus profond.
Au final Disintegration m’apparaît comme un album prétentieux, trop volontairement triste, trop long, parfois ridicule même (la pluie de "same deep water as you") comme si Bobby avait voulu nous refaire le coup de Pornography.
Sauf qu’entre temps on a vu une autre face du bonhomme et que cette volte face de la fin des années 80 paraît forcée, comme si Smithie avait voulu entrer à nouveau dans son habit de mélancolie de 1982, mais que les kilos pris entre temps l’en empêchaient maintenant.
11:52 Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cure, disintegration, loukoum
06.07.2008
Ministry #2

Via Flickr
Les voitures sont habituellement éparpillées de partout dans un large rayon autour du Transbordeur.
Pensez à côté de cette salle de concert qui doit bien contenir 1500 personnes, les concepteurs ont fait un parking pour 50 bagnoles donc fatalement celui ci est rapidement plein.
Ceci permet à chacun d'exprimer librement ses talents imaginatifs pour caser son véhicule dans les coins les plus improbables (trottoirs, Parc de la tête d'Or, bout de périph' ...)
Ca faisait 14 ans que je n'avais remis les pieds dans cette ancienne usine transformée en salle de concert ensuite, depuis un set vigoureux de Frank Black en rupture des Pixies.
Une première partie fait du bruit dans la grande salle, on dirait du Down, j'ai peur des chanteurs baraqués je sors boire une bière et fumer une clope dans l'enclos réservé aux indiens sauvages en rupture avec la société.
On y trouve les habituels spécimens aux yeux vagues rougis par l'herbe, on y voit d'impressionnants tatoos et chacun à mis son plus beaux T Shirt de groupe de rock and roll pour bien montrer aux autres qu'il est trop cool et trop amateur de musiques déviantes : on y voit ainsi les classiques Motorhead, Cannibal Corpse mais aussi un Young Gods, 2 Today is the day et puis ô surprise un Val Halen.
Pour une fois je suis dans la moyenne d'âge, oui la fourchette haute c'est vrai, pas mal de gens a les cheveux gris, c'est ça l'avantage de voir des groupes avec pleins de vieux inside.
Sur scène trônent les grilles qui firent la renommée du groupe il y a euh ......... 20 ans quand chaque membre devait difficilement aligner 2 heures de lucidité par jour (à la fin de leur sommeil peut être).
On se dit que ça plus tournée d'adieu égal best of de leur carrière permettant d'entendre des vieux titres plutôt électro remis au goût du jour, plus certains classiques tirés de "Psalm 69" ou de "The mind is a terrible thing to taste" et pas seulement les rengaines tatapoum anti Bush qui font l'ordinaire du groupe depuis 5 ans au moins.
Après la diffusion d'un clip du prochain Revolting Cocks "I'm not gay" (disco affreux), Al et ses potes de circonstance entrent en scène et balancent leur purée métalo-punk avec un synthé d'ornement.
L'optique est de jouer que des morceaux issus des derniers albums et donc là point trop de truc électroniques, si ce n'est des samples de .... Bush tiens oui.
Alain est au centre, fringué comme Gary Oldman dans Dracula (haut de forme, lunettes rondes).
On se dit que ce look est bien en rapport avec son état mi mort mi vivant, mi bouffi, mi fatigué aussi.
Pendant le set il ne bougera guère, fera semblant de jouer de la guitare, bougera un peu ses bras pour bien montrer qu'il n'est pas plastique et fumera une clope.
Un guitariste de chaque côté de la scène, dont Tommy Victor de Prong qui cachetonne.
L'autre, qui doit avoir 15 ans dans sa tête, passe devant les grilles (ô sacrilège) nous fait le signe de la Bête et s'y croit comme s'il jouait à Guitar Hero.
Il pousse même la subversion à faire 1 ou 2 soli pendant le concert que je subis jusqu'au rappel.
Alien et ses amis gâchettes professionnelles reviennent ensuite pour machinalement jouer 3, 4 titres espérés, c'est exécuté sans trop d'âme comme pour donner au peuple ce qu'il attend et vite en finir.
Pour clore cette merveilleuse soirée Jourgensen massacre consciencieusement "It's a wonderful world" et se tire avec mes 27 euros.
Rendez moi les héros de ma jeunesse vous serez bien gentil
22:15 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ministry, musique, transbordeur, lyon


