30.09.2007
Où je finis rapidement de raconter ma vie parce que bon ....
Les années 90 ont commencé en septembre 1991.
Je suivais ma petite route musicale tranquille.
J'avais entendu parler de Nirvana mais de loin, dans Best.
Un après mide je rentre dans un magasin de disques, aujourd'hui oublié de Valence, en fond sonore il y avait "Nevermind".
Je vadrouille entre les rayons, les titres s'égrenent et tous me paraissent géniaux, immédiatement assimilables, puissants et mélodiques.
Le rêve.
Et ben non je ne l'ai pas acheté cette fois là, ce foutu album, je me suis dis "c'est pas possible, c'est trop parfait, trop tout, je vais vite me lasser" ou un truc comme ça.
Clairvoyant le gars.
Dire que dans les mois kakis suivants (j'étais à l'armée) je n'ai écouté que ça n'est pas tout à fait vrai, j'écoutais aussi France Info.
Puis l'année suivante ont débarqué Nine Inch Nails et Ministry, j'étais pris au piège de "Psalm 69" et de "Broken".
Ensuite tout est allé vite, la noise US (Unsane, les Butthole Surfers, Jesus Lizard, Helmet), puis les Pixies, puis Godflesh, le techno metal (Die Krupps et autres KMFDM aujourd'hui délaissés...), Bastard, Hint en France.
Le Pez Ner à ouvert à Lyon me permettant de voir certains de ces groupes (je vous renvoie là) puis a fermé laissant place à de la poussière et à des souvenirs.
Aujourd'hui j'écoute encore tous ces groupes cités (sauf Die Krupps parce que c'est quand même un peu tout moisi), des tas d'autres choses plus pop (dEUS, Pinback, Radiohead, AYWKUBTTODead etc), du hard core US nouvelle génération (Dillinger Escape Plan, Cave In...), de l'ambient, des saloperies en 45 T des années 80 ou Camille sont venus s'agglomérer là.
Le reggae, le black metal, le folk et le free jazz eux me laissent par contre toujours froid.
Vous voyez peut être un peu mieux de quoi nous parlerons ici par la suite, à une fréquence aléatoire.
Passez de temps en temps, promis j'arrète de parler de moi.
Bande son : allez vite fait dEUS et Nirvana. "Suds and soda", tiré de leur premier album, où comment emmener l'auditeur loin de sa base de départ, par des chemins escarpés, pour au final faire des titres mélodiques au possible. "Frances farmer will have her revenge on Seattle" parce que je me demande parfois quel type de fille est la fille de Cobain, Frances, avec cet héritage si lourd sur les épaules.
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21.09.2007
Où je continue à raconter ma vie (part 2 fin 80's)
L'entrée au lycée fut pour moi l'occasion de commencer à écouter du punk français par désoeuvrement ou affirmation adolescente un peu brouillonne certainement.
D'abord Gogol 1er puis toute la ribambelle des groupes indés d'alors : les Bérus et Ludwig Von 88 en tête de liste puis les Garçons Bouchers, les Vierges, OTH dont il ne reste aujourd'hui plus rien sauf un risible dernier album des Bérus paru en 2006 (avec un titre comme "le loup et le chevreuil" ou "le loup le renard et la belette" je ne sais plus) qui pose la question de savoir s'arréter à temps.
Je passais aussi des heures assis sur la table de ma cuisine à écouter la FM et ses radios associatives pour découvrir Talk Talk, The Cult, TheThe, The Bolshoi and so on, pendant que Licence 4 ou Jean Pierre Mader ravageaient les oreilles de mes camarades de classe.
Puis un jour tout bascula dans une autre dimension avec le premier album des Young Gods sortit en 1987.
Un de mes meilleurs amis avait acheté cet OVNI en vinyl, comme ça sur les conseils du vendeur.
Le premier morceau de l'album "Nous de la lune" ne ressemblait en rien à se que je connaissais. Une rythmique lourde héritée des Swans (mais je ne le saurais que bien des années plus tard), une voix d'outre monde, des paroles enigmatiques, des sons sourds évoquant une fonderie, une attaque frontale, sans référence connue.
Même sans réelle assise mélodique (mon fond de commerce premier) je digérais tout l'album puis les suivants, année après année jusqu'à maintenant.
Je sautais un pas important ce jour là pour découvrir une face cachée de la musique contemporaine avec des groupes, musiciens, chanteurs hors des clous, se moquant bien de faire dans le beau ou le consensuel, qui voulaient juste suivre leur propre chemin un peu loin du monde.
J'ai donc commencé mes études avec cette nouvelle bande son dans les oreilles, mais aussi avec l'EBM et ses albums robotiques (Front 242, A Split second ...) auquel vint se greffer des groupes gothiques comme les Sisters of Mercy, Mission et Trisomie 21.
Sans platine vinyl ces groupes étaient difficiles à se procurer, même à l'époque de la K7 reine on trouvait difficilement ce genre de groupes.
Alors je compilais fébrilement des vinyls de potes, des bouts d'émission de radio, je lisais Best en long en large et commençais à pointer mon nez dans les salles de concerts.
Le dernier groupe marquant de ces années 80 fut Noir Désir et son premier album "Veuillez rendre l'âme (à qui elle appartient)".
Du rock français avec des textes et de la musique qui faisait quand même souvent faute aux groupes alternatifs français avec leurs "lalalalalala" braillés sur fond de boite à rythme asthmatique et de guitare scolaire.
(à suivre)
BANDE SON : "Nous de la lune" ses cloches infernales et son rouleau compresseur rythmique.
"L'amourir", que l'on trouve sur leur second album de 1988, ou le parfait morceau pour aller droit dans un mur en voiture ou en moto à toute vitesse. A écouter donc fort plutôt dans son salon, sans risques.
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17.09.2007
Où je commence par raconter ma vie (Part 1, early 80's)
C'est sous une lampe basse, dans le salon sombre d'une tante depuis longtemps décédée, que tout a commencé en 1982.
Ma grand mère venait de rendre son âme à Dieu et arraché de mon collège en pleine classe je me suis retouvé en plein mois de novembre, au beau milieu du Cher, à accompagner un membre de ma maigre famille dans un cimetiere au bout du village.
Pendant une semaine mes parents sont restés là pour tout préparer, tout organiser.
Je ne pouvais donc pas faire grand chose d'autre que de ne pas aller en 5ème et que de tourner en rond dans cet endroit où je n'allais que l'été.
La clarté du soleil était remplacée par un temps gris et froid de circonstance.
Une radio, enfin un transistor, trainait dans ce grand salon, plein de grand bahuts en bois massif, inquiétants dans la pénombre de la pièce.
Un soir je l'ai allumé et je suis tombé sur le hit parade de Jean Loup Laffont sur Europe 1.
Jean Jacques Goldman commençait sa carrière ("Quand la musique est bonne") pour le reste, Rose Laurens peut être....
Bref rien de bien extraordinaire sauf pour des oreilles sans aucune référence.
Pris au jeu j'ai commencé à écouter tous les soirs le hit parade (quel mot désuet maintenant mon dieu).
Quand ma correspondante anglaise à débarqué chez moi quelques mois plus tard, mon pauvre JJ Goldman paru bien fadasse, pensez elle avait emmené dans ses bagages Depeche Mode, Duran Duran, OMD et consorts......
Un voyage en Angleterre plus tard, le mal était fait, j'étais prêt à écouter de la musique jour et nuit, à tout prix, n'importe quoi, pourvu que ce soit différent et de préférence pas connu pour bien marquer ma différence.
Des noms ?
Human League, Madness, Heaven 17, Soft Cell, Tears For Fears ..............
Tous ces groupes, bateaux aujourd'hui, n'étaient guère connus à cette époque en France, la FM en diffusait timidement certains, ma mémoire faisait le reste.
Au gré des émissions j'enregistrais certaines de ces pépites sur un vieux poste mono, sur des cassettes à durée de vie limitée et écoutais ces précieux trésors en boucle.
Pour le Noel suivant j'ai demandé des albums en K7.
Il m'apporta Etienne Daho ("La notte, la notte), Tears For Fears ("Songs from the big chair"), Kim Wilde.
Je n'ai jamais oublié les groupes, chanteurs ou styles de musique que je fréquentais.
J'ai toujours procédé par superposition.
Ainsi à la strate JJ Goldman, Rose Laurens s'est rajoutée la new wave anglaise, puis le punk alternatif, puis la musique gothique, puis du rap, du hard core, de l'indus etc etc (et ainsi de suite jusqu'à aujourd'hui).
(à suivre)
BANDE SON : "The Working Hour" est le second titre de "Songs from The Big Chair", il suit immédiatement "Shout" connu de tous.
Ce titre là, peut être caricatural avec son sax omniprésent, est moins connu.
Il est certainement celui qui me semble, plus de 20 ans après, le plus proche de cette époque, qui m'en fait sentir le plus proche.
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