31.03.2008
Ez3kiel
Dans le paysage du rock français, après la sortie de route imprévue de Noir Désir, il ne reste plus que Dionysos, Camille et Ez3kiel pour m'attirer dans une salle de concert.
Après la sortie de Battlefield il ne me restait donc plus qu'à guetter le passage de Ez3kiel autour de Lyon
Ils font bien un concert gratuit à Lyon pendant les Nuits Sonores mais comme ça risque d'être une courte apparition aux côtés de 5 ou 6 autres groupes, je me suis rabattu sur leur passage aux Abattoirs, salle de Bourgoin, pour pouvoir les voir pleinement.
J'ai déjà vu Ez3kiel 2 fois sur scène auparavant, précédés par une forte réputation scénique, avec des projections de qualité et une musique qui n'est pas en reste.
Pour ce nouvel album le trio se base s'est adjoint les services d'un quatrième larron multi-intrumentiste qui contribue à amplifier leur son déjà assez monstrueux.
Le dernier album est quasi intégralement passé en revue laissant peu de place, bizarrement, aux autres albums et notamment à Barb4ry.
La déflagrante "Break or die" est joué avec 2 batteries dont le son est traité électroniquement évoquant alors les batteries électroniques des années 80. Le tout produit un effet hypnotisant car je crois voir jouer un personnage étrange mi humain mi araignée.
Le groupe joue plus sur les contrastes qu'avant il me semble : il y a plus de guitares et en même temps plus de passages calmes où le xylophone se taille la part du lion (l'influence du jazz rock de leur album Naphtaline certainement), à tel point d'ailleurs que sur la longueur on à l'impression parfois d'entendre Amélie Poulain jouer avec une boite à musique ....Le tout est parsemé d'effets dub (delay et cie...) qui s'intégrent très à leurs titres et leur donne un effet inédit dans des morceaux globalement assez rock.
C'est justement sur un de ces passages calmes que le groupe balance un gros ballon translucide dans le sage public, où certains éléments qui n'ont pas encore résolus tous leurs problèmes oedipiens veulent absolument voir le groupe "à poil" , qui à chaque rebond déclenche un son de (grrrrr) ... xylophone le tout baigné dans une lumière bleue des plus reposantes.
Je suis juste déçu de ne pas avoir eu leur reprise tétanisante de la BO de "Requiem for dream" en final, mais, à la différence de Dionysos qui fait des albums pénibles et qui trancende ses titres sur scène, Ez3kiel assure sur tous les tableaux et est un des rares groupes français ambitieux, défricheur, innovant et qui peu produire une musique, maintenant loin de leur dub d'origine, qui risque d'attirer de plus en plus de monde (le concert était d'ailleurs complet samedi soir).
Je passe sur la première partie, Fumuj, voisin de label (Jarring Effects) et géographique (les 2 sont de Tours), je me suis cru projeté en 1994 lors d'un concert de Senser où les guitares funk-rock et le flow rap étaient maîtres. Pour un djeunes de 20 ans ça devait être cool, mais pour un vieux con comme moi, revenu de tout, c'était juste pénible.
09:14 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ez3kiel, fumuj


