06.07.2008
Ministry #2

Via Flickr
Les voitures sont habituellement éparpillées de partout dans un large rayon autour du Transbordeur.
Pensez à côté de cette salle de concert qui doit bien contenir 1500 personnes, les concepteurs ont fait un parking pour 50 bagnoles donc fatalement celui ci est rapidement plein.
Ceci permet à chacun d'exprimer librement ses talents imaginatifs pour caser son véhicule dans les coins les plus improbables (trottoirs, Parc de la tête d'Or, bout de périph' ...)
Ca faisait 14 ans que je n'avais remis les pieds dans cette ancienne usine transformée en salle de concert ensuite, depuis un set vigoureux de Frank Black en rupture des Pixies.
Une première partie fait du bruit dans la grande salle, on dirait du Down, j'ai peur des chanteurs baraqués je sors boire une bière et fumer une clope dans l'enclos réservé aux indiens sauvages en rupture avec la société.
On y trouve les habituels spécimens aux yeux vagues rougis par l'herbe, on y voit d'impressionnants tatoos et chacun à mis son plus beaux T Shirt de groupe de rock and roll pour bien montrer aux autres qu'il est trop cool et trop amateur de musiques déviantes : on y voit ainsi les classiques Motorhead, Cannibal Corpse mais aussi un Young Gods, 2 Today is the day et puis ô surprise un Val Halen.
Pour une fois je suis dans la moyenne d'âge, oui la fourchette haute c'est vrai, pas mal de gens a les cheveux gris, c'est ça l'avantage de voir des groupes avec pleins de vieux inside.
Sur scène trônent les grilles qui firent la renommée du groupe il y a euh ......... 20 ans quand chaque membre devait difficilement aligner 2 heures de lucidité par jour (à la fin de leur sommeil peut être).
On se dit que ça plus tournée d'adieu égal best of de leur carrière permettant d'entendre des vieux titres plutôt électro remis au goût du jour, plus certains classiques tirés de "Psalm 69" ou de "The mind is a terrible thing to taste" et pas seulement les rengaines tatapoum anti Bush qui font l'ordinaire du groupe depuis 5 ans au moins.
Après la diffusion d'un clip du prochain Revolting Cocks "I'm not gay" (disco affreux), Al et ses potes de circonstance entrent en scène et balancent leur purée métalo-punk avec un synthé d'ornement.
L'optique est de jouer que des morceaux issus des derniers albums et donc là point trop de truc électroniques, si ce n'est des samples de .... Bush tiens oui.
Alain est au centre, fringué comme Gary Oldman dans Dracula (haut de forme, lunettes rondes).
On se dit que ce look est bien en rapport avec son état mi mort mi vivant, mi bouffi, mi fatigué aussi.
Pendant le set il ne bougera guère, fera semblant de jouer de la guitare, bougera un peu ses bras pour bien montrer qu'il n'est pas plastique et fumera une clope.
Un guitariste de chaque côté de la scène, dont Tommy Victor de Prong qui cachetonne.
L'autre, qui doit avoir 15 ans dans sa tête, passe devant les grilles (ô sacrilège) nous fait le signe de la Bête et s'y croit comme s'il jouait à Guitar Hero.
Il pousse même la subversion à faire 1 ou 2 soli pendant le concert que je subis jusqu'au rappel.
Alien et ses amis gâchettes professionnelles reviennent ensuite pour machinalement jouer 3, 4 titres espérés, c'est exécuté sans trop d'âme comme pour donner au peuple ce qu'il attend et vite en finir.
Pour clore cette merveilleuse soirée Jourgensen massacre consciencieusement "It's a wonderful world" et se tire avec mes 27 euros.
Rendez moi les héros de ma jeunesse vous serez bien gentil
22:15 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ministry, musique, transbordeur, lyon
31.03.2008
Ez3kiel
Dans le paysage du rock français, après la sortie de route imprévue de Noir Désir, il ne reste plus que Dionysos, Camille et Ez3kiel pour m'attirer dans une salle de concert.
Après la sortie de Battlefield il ne me restait donc plus qu'à guetter le passage de Ez3kiel autour de Lyon
Ils font bien un concert gratuit à Lyon pendant les Nuits Sonores mais comme ça risque d'être une courte apparition aux côtés de 5 ou 6 autres groupes, je me suis rabattu sur leur passage aux Abattoirs, salle de Bourgoin, pour pouvoir les voir pleinement.
J'ai déjà vu Ez3kiel 2 fois sur scène auparavant, précédés par une forte réputation scénique, avec des projections de qualité et une musique qui n'est pas en reste.
Pour ce nouvel album le trio se base s'est adjoint les services d'un quatrième larron multi-intrumentiste qui contribue à amplifier leur son déjà assez monstrueux.
Le dernier album est quasi intégralement passé en revue laissant peu de place, bizarrement, aux autres albums et notamment à Barb4ry.
La déflagrante "Break or die" est joué avec 2 batteries dont le son est traité électroniquement évoquant alors les batteries électroniques des années 80. Le tout produit un effet hypnotisant car je crois voir jouer un personnage étrange mi humain mi araignée.
Le groupe joue plus sur les contrastes qu'avant il me semble : il y a plus de guitares et en même temps plus de passages calmes où le xylophone se taille la part du lion (l'influence du jazz rock de leur album Naphtaline certainement), à tel point d'ailleurs que sur la longueur on à l'impression parfois d'entendre Amélie Poulain jouer avec une boite à musique ....Le tout est parsemé d'effets dub (delay et cie...) qui s'intégrent très à leurs titres et leur donne un effet inédit dans des morceaux globalement assez rock.
C'est justement sur un de ces passages calmes que le groupe balance un gros ballon translucide dans le sage public, où certains éléments qui n'ont pas encore résolus tous leurs problèmes oedipiens veulent absolument voir le groupe "à poil" , qui à chaque rebond déclenche un son de (grrrrr) ... xylophone le tout baigné dans une lumière bleue des plus reposantes.
Je suis juste déçu de ne pas avoir eu leur reprise tétanisante de la BO de "Requiem for dream" en final, mais, à la différence de Dionysos qui fait des albums pénibles et qui trancende ses titres sur scène, Ez3kiel assure sur tous les tableaux et est un des rares groupes français ambitieux, défricheur, innovant et qui peu produire une musique, maintenant loin de leur dub d'origine, qui risque d'attirer de plus en plus de monde (le concert était d'ailleurs complet samedi soir).
Je passe sur la première partie, Fumuj, voisin de label (Jarring Effects) et géographique (les 2 sont de Tours), je me suis cru projeté en 1994 lors d'un concert de Senser où les guitares funk-rock et le flow rap étaient maîtres. Pour un djeunes de 20 ans ça devait être cool, mais pour un vieux con comme moi, revenu de tout, c'était juste pénible.
09:14 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ez3kiel, fumuj
02.10.2007
Où j'assiste à l'anniversaire du chanteur d'Unsane
UNSANE + DURACELL + DYSE (Epicerie Moderne, Feyzin, 28 septembre 2007)
Ouverte depuis 1 an et demi cette nouvelle salle, nichée dans la charmante ville pétrochimique de Feyzin (là où ça pue quand vous arrivez à Lyon par le sud), joue la carte de l'ecclectisme.
Du hip hop (Dälek il y a quelques mois), du hard core (Cave In l'année passée), du Robert Charlebois en octobre, du dub, de la chanson française, de la techno (Agoria bientôt).
Unsane et ses amis étaient eux de passage là la semaine dernière. Connaissant bien leur musique et leurs albums aux pochettes dégoulinantes (clique donc sur "music"), je me suis dis que ça devait être un parfait groupe de scène.
Mon analyse était assez bonne au final je dois le dire.
En entrée on a eu droit à Dÿse, projet parallèle d'un autre groupe Volt me semble t il. On a affaire là à un batteur en forme et à un guitariste sauvageon. Pour décrire vaguement leur mixture on parlera de hard-core noise (écoutez donc des titres sur LeurEspace) assez épique (oui ça veut rien dire je sais) pas trop pénible. A la fin le batteur rechaussa de grosses lunettes de vue, il était beaucoup moins rock and roll je dois dire.
Immédiatement Duracell (André de son prénom) entama son set dans le dos de la foule. Batterie au sol (avec un tapis dessous ça je comprends toujours pas le role de celui sous une batterie, une question de résonnance peut être ou un truc feng-chui ??) et un lap top. Entre les 2 des fils. Le concept de dédé c'est de taper sur sa batterie comme un furieux et de générer ainsi, grâce à son pécé, des sons pré-enregistrés de jeu 8 bits des années 80 (voir là pour une explication technique à laquelle j'ai trop pas compris grand chose) pour nous rejouer les thèmes de ses jeux favoris, de certains niveaux (à un moment il a joué le theme du niveau 4, ou du moment du game over de Space Harrier t'as qu'à voir..), voir même du Bach (le compositeur hein pas le chanteur de Skid Row). Sur la longueur c'est un peu long, mais c'était aussi l'occasion de voir un débile de légende qui a un peu mystifié tout le monde, enfin ceux de devant, parce que sinon tu devais pas voir grand chose (de bien belles images pour mieux comprendre le principe)
Sur un titre du Velvet Underground, Unsane est un pur produit new yorkais, la tête d'affiche entre en scène. Unsane c'est une des dernières légendes de la scène noise/hard-core US (Helmet, les Cows, les Butthole Surfers, Barkmarket, Amphetamine Reptile etc etc) encore en activité. Et paf tout s'enchaîne, la machine est en route et nous assène ses titres courts et intenses, portés par une batteur de légende (Vinnie Signorelli ex Swans) puissant et félin et une basse groovy à souhait que l'on entendait pour une fois. Dommage Spencer chante toujours un peu dans le même registre, mais leur hard-core, rock garage, teinté de blues, lent et rampant fait bien son effet. C'est aussi l'anni du chanteur qui doit bien avoir la quarantaine, champagne et gateau que le batteur distribue directement dans la bouche du premier rang (vu sa stature tu acceptes).
14:40 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : msique, Unsane, Dyse, Dracell, Epicerie Moderne, hard-core


