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30.06.2008

Ministry #1

 

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Nous sommes en janvier 1992, dans une boite de nuit rock de Lyon, aujourd’hui fermé et oubliée des Josh hommes.

Il fait nuit.

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Pensez je suis célibataire et sans grand espoir de changement au vu de mes occupations militaires (soit monter la garde dans une caserne anonyme, marcher au pas, manger de la nourriture même pas digne de ce nom, m'habiller avec un beau vert kaki de la tête aux pieds et surtout ne fréquenter que des mecs) et ce pour quelques mois encore.

Soudain déboule ça sur le dancefloor et dans mes oreilles.

Pris de court je stoppe mes habituels trémoussements pathétiques et je m’assois pour écouter ce truc. Je suis hypnotisé par cet espèce de rockabilly électronique, conquis, prêt à acheter l’album. Mais faut il encore savoir qui est à l'origine de ça.

Une discussion difficile s’engage rapidement avec le DJ :

Ø « c’était quoi le morceau génial de tout à l’heure ?? «

Ø « quoi ??? »

Ø « le morceau de tout à l’heure c’était quoi ?? »

Ø « lequel ?? »

Ø « celui assez violent qui fait (là s’ensuit une description sonore et ubuesque à base de « nanan anana annanananan »)

Ø « ……. »

Bref j’obtiens finalement le nom du groupe « Ministry » le titre « Jesus built my hotrod » étant happé par le chaos sonore régnant dans la boite.

Dans les mois qui suivent je harcèle tout le monde pour pouvoir écouter Ministry, évidement personne n'avait entendu parler de ce groupe. Je réussis juste à trouver juste quelques vieux titres du groupe (Ce clip de leurs méfaits synthétique d'alors vous permettra quand même, et à peu de frais, de vous replonger avec effroi délice en 1983).

J’en vins alors à me demander si il n’y avait pas 2 groupes portant le même nom.

C’était un peu ça en fait.

Ministry avait commencé en 1981 par faire un genre de pop à base de synthés le matin, le midi et le soir comme tout bon clone de Yazoo, Visage ou Human League. Ensuite ce fut des trucs un peu plus froids dans la lignée de Front 242, de l’Electronic Body Music (EBM) en langage clair.

Ensuite, le leader Al ? Alien ? Alain ? Jourgensen, avait rajouté, Dieu sait pourquoi une révélation au détour d'une réusion Tupperware peut être, des guitares, des samples de film et des vocaux hurlés à son Barnum musical pour créer ce que l’on appelle maintenant le « rock industriel »

En 1992 le groupe va alors sortir « The way to succeed and the way to suck eggs » (oui le groupe est fan de jeu de mots débiles, attendez les albums suivants s’appellent « House of the molé » ou encore « Dark side of the spoon ») encore nommé « Psalm 69 », qui contient le titre entendu en boite.

Cet album va alors beaucoup se vendre et asseoir la popularité du groupe et de ce genre musical.

Les performances scéniques sont alors assez sauvages, derrière des grilles « in da Blues Brothers style », Jourgensen n’est pas le dernier pour se foutre plein d’héro plein les veines.

L’album évoque un groupe de musiciens pas très bien dans leur peau, enfermés avec leur matos dans une cuisine, renversant la cuisinière, ouvrant tous les placards de la cuisine pour éventrer les paquets de riz et de pâtes pour les manger crus, se brûlant sur la plaque électrique, mettant la tête dans le four en laissant pénétrer profondément les effluves de gaz, respirant le fréon du frigo, saccageant son intérieur et buvant toutes les bières qu’il contient.

En clair c’est du rock viril, avec des machines derrière (contient une apparition de Gibby Haines des Buttholes Surfers sur un des titres et de William Burroughs dans un des clips, le bien nommé "Just one fix")

Bref tout va bien, on nage en cercle dans le bonheur et la dope.

Ensuite d’autres albums vont suivre, dont « Filth pig », qui prend le parfait contre pied en produisant un métal lent, sans fioritures électroniques.

La dope continue à rôder, mais un décès d’ami plus tard Jourgensen se dit que la drogue ça va un moment et devient clean.

Puis le bassiste historique du groupe, Paul Barker, s'en va et là troisième et dernière métamorphose du groupe.

Le vilain petit canard électro-new wave-coupe au gel, qui s’est mué ensuite en méchant rocker-électronicien-tout foufou, trouve en Bush fils une cible privilégiée et se met à faire du punk rock pataud sans trop de finesse, arrière plan musical parfait pour bien appuyer son propos.

Au bout de 3 albums de tatapoum fatiguant, et que je trouve assez ridicules, durant les années 2000, Jourgensen décide de machouiller l'éponge, de la jeter puis de vider l’évier pour faire une tournée d’adieu déchirante dans les chaumières, ce dont nous parlerons ensuite.

(à suivre)

Trackbacks

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Commentaires

Raaaaaaaaaaah Al :D
me rappelle de cette anecdote du pere Al qui durant un concert s'etonnait des sons produits par Paulo aux synthes... ce dernier s'etant endormi...
Sinon j'adore la video live de la tournee "Filth Pig", Al avec son casque a pointe et sa bouteille de rouge :P
Ceci dit je le trouve pas mal moi le second LP de la trilogie anti Bush, du bon thrash industriel, certes sans finesse (encore que on a tout de meme droit au retour de la musique orientale passee a la moulinette indus) mais tres tres efficace!

Ecrit par : dr frankNfurter | 30.06.2008

Rien que pour William Burroughs, ce groupe vaut le coup !

Ecrit par : Andy | 30.06.2008

Bon ben moi c'est la première fois que j'écoute Ministry. C'est pas mal mais écouter l'album... j'ai d'autres trucs à faire. Là par exemple je dois dormir. Et pis demain j'ai du ménage. Et pis apres-demain je vais chez le dentiste. Et pis apres, je trouverai autre chose...

Ecrit par : coolbeans | 30.06.2008

D'une part tu étais militaire, et ça excuse bien des choses. D'autres part, comme les mauvais romans font parfois de très bons films, ton texte est parfait.

Ecrit par : davnat | 04.07.2008

Bon et je dois avouer quelque chose : ma fille 5 ans, vient de se saisir du casque et se dandine en criant "j'aime bien, ça". (véridique)

Ecrit par : davnat | 04.07.2008

> Davnat : merci, de quel titre ta fille est elle tombée amoureuse de la new wave poussiéreuse ou du rock a billy des familles recomposées ?

Ecrit par : dragibus | 05.07.2008

Le rockabilly. Je n'ai pas poussé le vice jusqu'à écouter un second titre.

Ecrit par : davnat | 07.07.2008

Davnat, je viens de te signaler à la DDASS.

Ecrit par : coolbeans | 07.07.2008

Bon, je commente ici, mais ça vaut aussi pour le #2.

D'abord, merci de ce tour du groupe en quelques lignes, car si je ne partage pas tout, ou si je n'aurai pas présenté les choses comme ça, je crois que tu as su faire comprendre assez succintement et néanmoins clairement ce "groupe".
Reste à tester cette présentation sur des cobayes, je garderai donc ce lien en réserve à chaque fois que j'en aurais besoin (il m'arrive en fait de devoir faire découvrir à d'autres personnes ce que j'aime, et je cherche donc la présentation appropriée, et là en général les gens se détournent de moi en se demandant comment Dieu avait pu commettre une telle erreur).

Bon, je dirais juste que, en tant que mordu d'Einstü, Front 242, Nine inch nails et les Revolting Cocks, Ministry ne m'a jamais vraiment troué le fion. C'est plaisant, mais les albums ont souvent plein de petits ou gros défauts qui ne peuvent être rachetés par les pépites, en tout cas sur la longueur.

Je crois de toute façon que le meilleur de Ministry, c'est quand Jourgensen a travaillé avec les autres, notamment au sein des RevCo de 87 à 93 (la "reformation" d'il y a quelques années est catastrophique de nullité, alors que c'était naguères un disco-trash jouissif) ou par quelques mixes (dont Reverence pour les Jesus & Mary Chain pour la bonne bouche).

Enfin, c'est quand même cool que Davnat ait une fille qui apprécie ça : cela donne confiance en l'avenir de l'humanité, non ? ^^

Ecrit par : Christophe | 19.07.2008

Un festival, 1996. Ministry en tête d'afiche. je n'en pouvais plus. Mes vêtements me portaient au lieu de l'inverse. mais, quand même : rester pour voir ça... Un grand moment. Terrassant...

Le même festival [Dour], quelques années après. De nouveau Ministry : une nouvelle claque, avec une impression spécial... Etrange d'entendre "Just one fix" avec, tout autour de moi, des plus jeunes qui avaient l'air de s'amuser comme à un concert de, genre, je ne sais pas qui...

Et un souvenir plus actuel : un anniversaire fêté à Besançon, il y a quelques mois. La soirée était belle, al soirée était bien. Un bar, tard. Un trio qui fait irruption [le bar était presque désert] qui rentrent et l'un d'eux portaient un tee-shirt de la dernière tournée. Mes amies discutaient. J'ai souris, les ai laissés et ai apostrophé les derniers arrivants sur Ministry : une longue discussion qui s'en est suivi. Je ne les connaissais pas : mais il y avait nos émotions qui planaient tout autour...

I - "Jesus built my hotrod" : mais - ministry découvert par N.W.O.
II - Je n'ai pas spécialement de goût pour les plaisirs matériels : mais la prochaine fois que je me dirai de quelqu'un qui fantasme sur une berline ou je ne sais quoi, je tacherais de me souvenir qu'il m'est arrivé de chercher le modèle de basse [qui vaut une fortune] de Paul Barker alors que je n'ai même pas fini d'apprendre à jouer de la mienne...
III - @ +

Ecrit par : H. Incorporated | 04.09.2008

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